jan 2026

Guide du management énergétique

Le management énergétique est la pierre angulaire de la performance énergétique. Sans lui, il n’est pas envisageable de réaliser des économies significatives sur le long terme, à des niveaux qui respectent le confort des occupants ou les contraintes de productivité. Mais à quoi sert-il véritablement ? Pourquoi et comment l’inclure dans sa politique énergétique d’entreprise ou de collectivité ? Existe-t-il un cadre légal et normatif à respecter ? Et quel est le rôle des plateformes de management énergétique dans cette démarche ? Ce guide du management énergétique vous explique l’essentiel et vous donne des pistes concrètes pour passer à l’action.

suivi conso

Qu’est-ce que le management énergétique ?

Le management énergétique regroupe l’ensemble des méthodes, des outils et des processus qui permettent de surveiller, d’analyser et d’optimiser la consommation d’énergie au sein d’une organisation.   

Il ne s’agit pas seulement de suivre régulièrement les consommations d’électricité, de gaz, ou d’eau, mais bien de mettre en place une véritable stratégie, avec des responsables identifiés, des objectifs clairs, des indicateurs de suivi, des plans d’action et une amélioration continue. 

La notion de management énergétique se rapporte directement à la mise en place d’un Système de Management de l’Énergie (SME), notamment dans le cadre de la norme internationale ISO 50001 

Pourquoi mettre en place un management de l’énergie ?

Mettre en place un management de l’énergie est une nécessité économique, réglementaire et environnementale. 

 

  • Diminuer la facture énergétique 

Sur le plan économique, la facture énergétique représente un poste de coût majeur pour de nombreuses organisations. Sans suivi structuré, il est difficile de savoir où se situent les principaux gisements d’économies, quelles dérives apparaissent au fil du temps ou quelles actions sont vraiment efficaces.  

Un management énergétique bien organisé permet au contraire d’objectiver la situation, de cibler les efforts là où ils auront le plus d’impact et de mesurer précisément les résultats. Les retours d’expérience montrent qu’une démarche structurée, associée à une plateforme de suivi et à un accompagnement spécialisé, peut permettre d’atteindre 15 % d’économies d’énergie sur un parc de bâtiments. 

 

  • Respecter les obligations réglementaires  

Sur le plan réglementaire, les exigences se sont considérablement renforcées avec la promulgation, en 2025, de la loi DDADUE, qui transpose en droit français la directive européenne sur l’efficacité énergétique : 

  • A partir d’octobre 2027, les entreprises dont la consommation énergétique annuelle moyenne sur les trois dernières années dépasse 23,6 GWh seront tenues de mettre en place un système de management de l’énergie (SME) certifié ISO 50001.
  • Celles dont la consommation énergétique annuelle moyenne sur les trois dernières années dépasse 2,75 GWh seront tenues de réaliser un audit énergétique avant octobre 2026, puis tous les 4 ans, sauf si elles disposent d’un SME certifié.  

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre article dédié au décryptage des nouvelles obligations, autour de la norme ISO 50001 : ISO 50001 : Changements Imminents - Enjeux et Perspectives | Datanumia 

Par ailleurs, dans le secteur tertiaire, le décret tertiaire impose une trajectoire de réduction des consommations d’énergie pour les bâtiments de plus de 1 000 m², avec des objectifs chiffrés à -40 % d'ici 2030, -50 % d'ici 2040 et -60 % d'ici 2050, et un reporting annuel via la plateforme OPERAT de l’ADEME.  

Parallèlement, le décret BACS impose aux propriétaires de bâtiments tertiaires, neufs ou existants, d’installer un système d’automatisation et de contrôle énergétique. L’objectif est de piloter intelligemment les usages du bâtiment, afin de faciliter la réduction des consommations énergétiques.

 

  • Participer à la transition énergétique  

La dimension environnementale est tout aussi structurante. Réduire les consommations d’énergie, c’est réduire mécaniquement les émissions de CO₂ associées, en particulier lorsqu’il s’agit d’énergies fossiles.  

Le management énergétique permet de ne plus se contenter d’afficher une ambition de décarbonation, mais de la décliner en objectifs chiffrés, en plans d’action et en indicateurs de suivi. En s’appuyant sur des facteurs d’émission issus par exemple de l’ADEME, il est possible de suivre non seulement les kWh, mais aussi les tonnes de CO₂ évitées. 

 

  • Préserver le confort des occupants et la productivité 

Enfin, un point essentiel souvent sous-estimé : un bon management énergétique doit permettre de concilier économies avec le maintien du confort des occupants et de la productivité. L’enjeu n’est pas de couper le chauffage ou de restreindre la production (dans le cas d’une usine) sans discernement, mais d’adapter les consommations aux besoins réels.   

Les capteurs connectés (température, présence, taux de CO₂, hygrométrie…) et les systèmes de pilotage intelligents, tels que la solution BMS proposée par Datanumia, permettent aujourd’hui d’ajuster très finement les consignes et les horaires de fonctionnement. Il est par exemple possible de réduire automatiquement le chauffage dans les zones inoccupées, sans dégrader le confort des occupants.   

Quelles sont les solutions de management de l'énergie ?

Plusieurs types de solutions se combinent pour mettre en place un management énergétique efficace : les audits, les cadres normatifs certifiés, les plateformes numériques et l’accompagnement par des experts. 

 

  • Réaliser un audit énergétique  

L’audit énergétique obligatoire reste souvent le point de départ. Réalisé ponctuellement selon la norme NF EN 16247, notamment pour les entreprises fortement consommatrices d’énergie soumises à la réglementation, il permet d’établir un état des lieux précis des consommations et d’identifier les principaux gisements d’économies. 

Cependant, la généralisation des dispositifs de comptage, de sous-comptage et de capteurs permet désormais de baser l’audit énergétique directement sur l’analyse des données collectées. Des algorithmes et des modèles de type Machine Learning enrichissent cette démarche, en détectant automatiquement des dérives, des incohérences ou des comportements atypiques, et en suggérant de premières pistes d’optimisation.  

 

  • Mettre en place un SME complet et certifié 

Pour passer d’un diagnostic à un pilotage quotidien, les organisations s’équipent de plus en plus de plateformes de management énergétique. L’iBoardde Datanumia s’inscrit dans cette logique. En centralisant les données multi-fluides et multisites, l’outil permet de suivre les consommations en kWh et en euros, de les rapprocher d’indicateurs contextuels (DJU, surfaces, volumes produits, etc.) de comparer des sites entre eux, de visualiser des courbes de charge et de paramétrer des alertes. Il devient ainsi plus simple de repérer un équipement qui consomme en permanence ou un site dont l’intensité énergétique se dégrade. 

Au-delà des outils, le facteur humain reste déterminant. Beaucoup d’entreprises et de collectivités choisissent de s’appuyer sur une prestation de management énergétique complète, assurée par un Energy Manager, qui devient l’interlocuteur privilégié de l’organisation. Cet ingénieur spécialisé en efficacité énergétique, formé aux référentiels comme l’IPMVP, travaille en lien étroit avec les équipes techniques et les services supports. Il interprète les données issues de la plateforme, propose des axes d’optimisation, suit la mise en œuvre des actions sur le terrain et s’assure que les gains sont maintenus dans le temps. 

C’est la combinaison des données, des plateformes et de l’expertise humaine qui constitue aujourd’hui la force d’une démarche de management énergétique véritablement efficace, et qui permet d’atteindre la certification ISO 50001 et de répondre aux exigences réglementaires, que ce soit dans l’industrie, le tertiaire ou pour les collectivités. 

Conclusion 

Le management énergétique regroupe différentes solutions innovantes permettant aux organismes, privés et publics, de baisser leur consommation, sans sacrifier le confort des utilisateurs ou de la productivité.  

Il est lui-même une brique de ce que l'on peut nommer l'intelligence énergétique : un ensemble des actions, procédés et techniques visant à atteindre l'efficacité énergétique. Cela signifie qu’elle combine nouvelles technologies, actions très opérationnelles et expertise de professionnels de l’énergie, pour tenir compte des spécificités de chaque bâtiment. 

Dernières actualités

Image union européenne

Global Gateway : l'Union européenne au c...

Face aux défis du changement climatique et aux besoins croissants en infrastructures durables, l'Union européenne a lancé en 2021 le programme Global ...
Image illustrant un bâtiment

Report du décret BACS : faut-il vraiment...

Le report du décret BACS au 1er janvier 2030 agite aujourd’hui tout l’écosystème du bâtiment. Entre intégrateurs inquiets et gestionnaires de bâtiment...
Image représentant un bâtiment tertiaire

L'immobilier tertiaire face aux défis de...

Le secteur de l'immobilier tertiaire regroupant les bureaux, commerces, hôtels et équipements publics, se trouve aujourd'hui à un tournant décisif de ...

Suivez-nous sur les réseaux sociaux: